1 – INTRODUCTION
La fin des années 80 est marquée par l'apparition des raves : grâce à ces fêtes éphémères (hangars désaffectés, châteaux ou espaces en plein air sont investis le temps d'une soirée), la techno fidélise un public, réduit dans un premier temps, avides de sensations fortes et « consommateur » d'une musique et d'une atmosphère parfois proche de la transe. Souvent clandestins et illégaux, ces rassemblements attirent l'attention des pouvoirs publics, qui redoutent les excès et les débordements qui y sont parfois associés (volume sonore à la limite du supportable, consommation de drogues, etc...). Interdites, les raves ne disparaissent pas pour autant et attirent même toujours plus d'amateurs de musique électronique, prêts à danser parfois pendant près de douze heures sans interruption.
Définition du Larousse :
(de l'anglais to rave : délirer, s'extasier) : rassemblement festif dansant plus ou moins secret des amateurs de techno généralement dans un bâtiment désaffecté ou en plein air.
2 – LA MUSIQUE DANS LES RAVES
La fin des années 90, notamment depuis 1997, est marquée par un changement de position radical de la part des médias quant à la techno et aux « valeurs » qu'elle véhicule : la Love Parade de Berlin ou la Techno Parade de Paris acquièrent un statut « officiel » et incontournable, rassemblant parfois jusqu'à plusieurs centaines de milliers de personnes, l'album Homework de Daft Punk est encensé par la critique, Laurent Garnier devient une « icône » de la techno, le porte-parole de toute un génération, et certain artistes (The Prodigy, Chemical Brothers ou encore Underworld) tentent d'associer rythmes techno et canevas musicaux de type rock, contribuant ainsi à rapprocher deux mondes qui, jusque-là, s'ignoraient délibérément. La techno appartient désormais au paysage musical, témoin d'une époque bouleversée par la technologie. Elle est, toutefois, atomisée en d'innombrables tendances – drum 'n' bass, jungle, ambient, trance (ou goa), electro techno, hardcore-techno, trip-hop, electronica, breakbeat, garage techno, progressive house, etc. – et médiatisé à outrance, à tel point que certains artistes redoutent aujourd'hui une « assimilation » qui lui ferait oublier et perdre ses valeurs fondatrices.
La musique est essentielle dans une rave party, le plus souvent de la house, de la techno ou du hard-core.. Par une enquête du Monde, on apprend qu'écouter de la musique est l'occupation favorite des jeunes (90 des jeunes de 15 à 18 ans déclare écouter de la musique régulièrement). Ceci explique la popularité de la démocratisation des raves party.
3 – Les drogues dans les rave-party
1 – L ACCES A UNE RAVE PARTY
Les ravers aiment jouer aux hors-la-loi. Aucune demande d'autorisation n'a été déposée. L'entrée d'une rave est gratuite mais difficile à trouver. Par courrier électronique, il faut d'abord laisser ses coordonnées pour obtenir n mot de passe ouvrant la porte d'un site techno d'Internet. Ce site permet ensuite d'obtenir un numéro de messagerie vocale, avec code d'accès. Une heure avant la fête, une voix donne le lieu du rendez-vous, en précisant qu'il aurait des « psilos »(champignons hallucinogènes)
2 – LE DEROULEMENT DE LA RAVE
Partout, les drogues se vendent et se consomment à vue d'oeil. Dans cette rave circulent des joints de canabis, des comprimés passent de main en main, aussitôt avalés. Les trafiquants proposent de l'ecstasy, des amphétamines (aux prix respectifs de 100 et 50 francs le cachet). D'autres soufflent dans des ballons de baudruche, gonflés de « gaz hilarant », le protoxyde d'azote.
3 – LES DROGUES DANS LES RAVES
Selon la Mission rave de Médecins du monde, l'usage de psychotropes fait partie de la fête techno qu'elle soit officielle, organisée dans un cadre légal, ou libre, non déclarée. Les effets recherchés par les utilisateurs consistent en une alliance de plusieurs dimensions : l'euphorie, l'emphathie et un bien être corporel. Mais d'autres produits circulent aussi : ainsi, l'usage de produits anesthésiants comme la kétamine et le GHB s'est développé. Ce dernier permet aussi de placer une personne dans un état de soumissoin, après lui avoir fait boire à son insu cette substance mélangée à un autre liquide : des cas d'abus sexuels ont ainsi été signalés ainsi que des cas d' obtention de carte à puce sans violence physique.
4 – L ECSTASY : DE REELS DANGERS A COURT ET A LONG TERME MALGRE UNE REPUTATION D INOCUITE
Le mouvement musical techno a été le support principal de l'essor du marché de l'ecstasy. Mais les dangers de cette drogue sont sous-estimés par ses consommateurs.La MDMA, selon son nom scientifique, entraîne une dégénérérescence neuronale à moyen et à long terme, différente selon les individus : sur quatorze personnes dont le cerveau a été exploré avec une caméra à positrons (qui permet d'étudier les régions du cerveau où un produit absorbé va se lier), on a retrouvé une diminution de 30% des terminaisons nerveuses. La toxicité aiguë concerne les domaines cardiovasculaires, hépatique et métabolique. La MDMA peut entraîner une hyperthermie (fièvre importante) et une hyponatrémie (abaissement de la concentration de sodium dans le sang), accompagnées de convulsions. La recommandation usuelle de s'hydrater abondamment peut se révéler dans ce cas dangereuse et aggraver l'état du malade. L'issue peut être fatale.
4 – LA LOI ET LES RAVE-PARTY
La loi est pour une réglementation des raves et non l'interdiction totale. Par exemple une rave sauvage sur un terrain privé sera passible d'une forte amende et de la confiscation du matériel mais maintenant, il existe néanmoins des raves organisées par l'Etat.
No 3257
ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
ONZIÈME LÉGISLATURE
Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 28 août 2001.
PROPOSITION DE RÉSOLUTION
tendant à la création d'une commission d'enquête
sur les «rave-party».
(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République, à défaut de constitution d'une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)
présentée
par M. Jacques BLANC,
Député.
Ordre public.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Mesdames, Messieurs,
Face aux «rave-party» non autorisés, les pouvoirs publics apparaissent complètement dépassés et démunis pour assurer le maintien de l'ordre public, la santé publique et garantir le droit de propriété.
La «rave-party» qui s'est déroulée du 15 au 20 août, à proximité de Florac en Lozère, a malheureusement prouvé l'acuité du problème.Selon les forces de l'ordre impuissantes, cette «rave-party» était «un vrai supermarché de la drogue». En effet, un raveur, sous l'emprise d'un cocktail de drogues, s'est auto mutilé, deux autres sont tombés dans le coma. Les Médecins du Monde ont du intervenir à plus de 50 reprises. Dix-neuf personnes ont été évacuées dont neuf par hélicoptère vers les hôpitaux de la région.
Ces accidents, d'une particulière gravité, ne sont pas des exceptions. Ils tendent, au contraire, à se généraliser.
En effet, le dimanche 8 juillet un jeune homme sous l'emprise de stupéfiants et d'alcools est tombé mortellement lors d'une rave-party à Rouen.Dans la nuit du 14 au 15 juillet 2001, un jeune d'une vingtaine d'années est décédé lors d'une «rave-party» en Moselle.Des incidents plus ou moins graves se sont également produits à Nadillac (Lot).
Ces «rave-party» posent une série de problèmes auxquels les pouvoirs publics semblent aujourd'hui incapables de répondre.
Organisées sans autorisation administrative, ces raves se déroulent sur des terrains privés ou publics en complète violation du droit de propriété.Ainsi, le propriétaire du terrain sur lequel s'est déroulé la rave sauvage à Florac a perdu sa récolte et doit, en outre, le remettre en état.Alors que les organisateurs de spectacles autorisés doivent respecter des normes de sécurité de plus en plus contraignantes, ceux des «rave-party» ne sont soumis, par nature, à aucune réglementation.
Les «rave-party» posent, de plus, un véritable problème de santé publique.Les conditions sanitaires, de salubrité et d'hygiène ne sont pas assurées. Ces réunions attirent un nombre croissant de dealers qui proposent aux participants toute une panoplie de drogues : cannabis, cocaïne, ecstasy, LSD, etc.
Pleinement conscients de leur impunité, les dealers, lors de ces réunions, vendent aux jeunes qui sont, en outre, bien souvent enivrés par une consommation importante d'alcools, des cocktails de drogues de mauvaise qualité dont les conséquences sur la santé peuvent être dramatiques et irréversibles. Il est moins risqué de vendre de la drogue durant les «rave-party» que dans les quartiers étant donné que les forces de l'ordre ne peuvent pas pénétrer sur les terrains occupés par les raveurs et assurer le maintien de l'ordre public.
Bien souvent malgré eux, des jeunes venus faire la fête sont ainsi amenés durant ces «rave-party» à se droguer.
Par ailleurs, ces réunions posent un problème de sécurité routière. En effet, de nombreux accidents de voiture occasionnés par des participants, sous l'emprise d'alcools et de stupéfiants, ont été enregistrés.
Il ne faut pas, de plus, sous-estimer les conséquences pour le voisinage qui doit supporter bien souvent une nuisance sonore importante, des dégradations voire des vols.
Face à l'impuissance manifeste des pouvoirs publics pour garantir l'ordre, la sécurité et la santé publiques, il est indispensable que l'Assemblée nationale constitue une commission d'enquête sur les «rave-party».
Cette commission d'enquête devra, en priorité, examiner l'ensemble des problèmes juridiques et sociaux que posent le développement des party sauvages.Elle devra, en outre, proposer des solutions afin que la réglementation sur les drogues soit respectée, la sécurité des participants et la tranquillité des voisins assurées ainsi que le droit de propriété.
Telles sont les considérations qui m'ont amené à déposer la présente proposition de résolution et que je vous demande de bien vouloir adopter.
PROPOSITION DE RÉSOLUTION
Article 1er
En application des articles 140 et suivants du Règlement de l'Assemblée nationale, il est créé une commission d'enquête de trente membres sur les conditions d'organisation et les conséquences en termes de santé et de sécurité publiques des «rave-party» non autorisées sur le territoire français. Cette commission étudiera en particulier la responsabilité de l'Etat et proposera des solutions pour garantir la sécurité et la santé publiques des participants.
N°3257-Proposition de résolution de M.Blanc tendant à la création d'une commission d'enquête sur les «rave-party».(commission des lois)
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© Assemblée nationale
5 – INTERVIEW D'UN RAVEUR
Un raveur anonyme a accepté de répondre à nos questions.
Que se passe-t-il dans une rave ?
On danse sur de la techno ou du hardcore. On délire grave. On fume. On boit. On se drogue.
Quels genres de drogues ?
Ecstasy principalement, ses elles font perdre le contrôle de soi, énormément de raveurs en prenne, il y a de nombreuses overdoses, plus ou moins graves. Il y a aussi ce qu'on appelle la « pilule de l'amour » qui a pour effet d'abrutir les femmes qui ne se souviennent de rien par la suite. En conséquence, plusieurs personnes ont été violées.
Que pensez-vous des nouvelles raves légales ?
C'est nul, l'entrée est très chère (environ 30 ¤), les flics sont partout, on ne peut pas délirer comme dans les raves sauvages.
La fin des années 80 est marquée par l'apparition des raves : grâce à ces fêtes éphémères (hangars désaffectés, châteaux ou espaces en plein air sont investis le temps d'une soirée), la techno fidélise un public, réduit dans un premier temps, avides de sensations fortes et « consommateur » d'une musique et d'une atmosphère parfois proche de la transe. Souvent clandestins et illégaux, ces rassemblements attirent l'attention des pouvoirs publics, qui redoutent les excès et les débordements qui y sont parfois associés (volume sonore à la limite du supportable, consommation de drogues, etc...). Interdites, les raves ne disparaissent pas pour autant et attirent même toujours plus d'amateurs de musique électronique, prêts à danser parfois pendant près de douze heures sans interruption.
Définition du Larousse :
(de l'anglais to rave : délirer, s'extasier) : rassemblement festif dansant plus ou moins secret des amateurs de techno généralement dans un bâtiment désaffecté ou en plein air.
2 – LA MUSIQUE DANS LES RAVES
La fin des années 90, notamment depuis 1997, est marquée par un changement de position radical de la part des médias quant à la techno et aux « valeurs » qu'elle véhicule : la Love Parade de Berlin ou la Techno Parade de Paris acquièrent un statut « officiel » et incontournable, rassemblant parfois jusqu'à plusieurs centaines de milliers de personnes, l'album Homework de Daft Punk est encensé par la critique, Laurent Garnier devient une « icône » de la techno, le porte-parole de toute un génération, et certain artistes (The Prodigy, Chemical Brothers ou encore Underworld) tentent d'associer rythmes techno et canevas musicaux de type rock, contribuant ainsi à rapprocher deux mondes qui, jusque-là, s'ignoraient délibérément. La techno appartient désormais au paysage musical, témoin d'une époque bouleversée par la technologie. Elle est, toutefois, atomisée en d'innombrables tendances – drum 'n' bass, jungle, ambient, trance (ou goa), electro techno, hardcore-techno, trip-hop, electronica, breakbeat, garage techno, progressive house, etc. – et médiatisé à outrance, à tel point que certains artistes redoutent aujourd'hui une « assimilation » qui lui ferait oublier et perdre ses valeurs fondatrices.
La musique est essentielle dans une rave party, le plus souvent de la house, de la techno ou du hard-core.. Par une enquête du Monde, on apprend qu'écouter de la musique est l'occupation favorite des jeunes (90 des jeunes de 15 à 18 ans déclare écouter de la musique régulièrement). Ceci explique la popularité de la démocratisation des raves party.
3 – Les drogues dans les rave-party
1 – L ACCES A UNE RAVE PARTY
Les ravers aiment jouer aux hors-la-loi. Aucune demande d'autorisation n'a été déposée. L'entrée d'une rave est gratuite mais difficile à trouver. Par courrier électronique, il faut d'abord laisser ses coordonnées pour obtenir n mot de passe ouvrant la porte d'un site techno d'Internet. Ce site permet ensuite d'obtenir un numéro de messagerie vocale, avec code d'accès. Une heure avant la fête, une voix donne le lieu du rendez-vous, en précisant qu'il aurait des « psilos »(champignons hallucinogènes)
2 – LE DEROULEMENT DE LA RAVE
Partout, les drogues se vendent et se consomment à vue d'oeil. Dans cette rave circulent des joints de canabis, des comprimés passent de main en main, aussitôt avalés. Les trafiquants proposent de l'ecstasy, des amphétamines (aux prix respectifs de 100 et 50 francs le cachet). D'autres soufflent dans des ballons de baudruche, gonflés de « gaz hilarant », le protoxyde d'azote.
3 – LES DROGUES DANS LES RAVES
Selon la Mission rave de Médecins du monde, l'usage de psychotropes fait partie de la fête techno qu'elle soit officielle, organisée dans un cadre légal, ou libre, non déclarée. Les effets recherchés par les utilisateurs consistent en une alliance de plusieurs dimensions : l'euphorie, l'emphathie et un bien être corporel. Mais d'autres produits circulent aussi : ainsi, l'usage de produits anesthésiants comme la kétamine et le GHB s'est développé. Ce dernier permet aussi de placer une personne dans un état de soumissoin, après lui avoir fait boire à son insu cette substance mélangée à un autre liquide : des cas d'abus sexuels ont ainsi été signalés ainsi que des cas d' obtention de carte à puce sans violence physique.
4 – L ECSTASY : DE REELS DANGERS A COURT ET A LONG TERME MALGRE UNE REPUTATION D INOCUITE
Le mouvement musical techno a été le support principal de l'essor du marché de l'ecstasy. Mais les dangers de cette drogue sont sous-estimés par ses consommateurs.La MDMA, selon son nom scientifique, entraîne une dégénérérescence neuronale à moyen et à long terme, différente selon les individus : sur quatorze personnes dont le cerveau a été exploré avec une caméra à positrons (qui permet d'étudier les régions du cerveau où un produit absorbé va se lier), on a retrouvé une diminution de 30% des terminaisons nerveuses. La toxicité aiguë concerne les domaines cardiovasculaires, hépatique et métabolique. La MDMA peut entraîner une hyperthermie (fièvre importante) et une hyponatrémie (abaissement de la concentration de sodium dans le sang), accompagnées de convulsions. La recommandation usuelle de s'hydrater abondamment peut se révéler dans ce cas dangereuse et aggraver l'état du malade. L'issue peut être fatale.
4 – LA LOI ET LES RAVE-PARTY
La loi est pour une réglementation des raves et non l'interdiction totale. Par exemple une rave sauvage sur un terrain privé sera passible d'une forte amende et de la confiscation du matériel mais maintenant, il existe néanmoins des raves organisées par l'Etat.
No 3257
ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
ONZIÈME LÉGISLATURE
Enregistré à la Présidence de l'Assemblée nationale le 28 août 2001.
PROPOSITION DE RÉSOLUTION
tendant à la création d'une commission d'enquête
sur les «rave-party».
(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République, à défaut de constitution d'une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)
présentée
par M. Jacques BLANC,
Député.
Ordre public.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Mesdames, Messieurs,
Face aux «rave-party» non autorisés, les pouvoirs publics apparaissent complètement dépassés et démunis pour assurer le maintien de l'ordre public, la santé publique et garantir le droit de propriété.
La «rave-party» qui s'est déroulée du 15 au 20 août, à proximité de Florac en Lozère, a malheureusement prouvé l'acuité du problème.Selon les forces de l'ordre impuissantes, cette «rave-party» était «un vrai supermarché de la drogue». En effet, un raveur, sous l'emprise d'un cocktail de drogues, s'est auto mutilé, deux autres sont tombés dans le coma. Les Médecins du Monde ont du intervenir à plus de 50 reprises. Dix-neuf personnes ont été évacuées dont neuf par hélicoptère vers les hôpitaux de la région.
Ces accidents, d'une particulière gravité, ne sont pas des exceptions. Ils tendent, au contraire, à se généraliser.
En effet, le dimanche 8 juillet un jeune homme sous l'emprise de stupéfiants et d'alcools est tombé mortellement lors d'une rave-party à Rouen.Dans la nuit du 14 au 15 juillet 2001, un jeune d'une vingtaine d'années est décédé lors d'une «rave-party» en Moselle.Des incidents plus ou moins graves se sont également produits à Nadillac (Lot).
Ces «rave-party» posent une série de problèmes auxquels les pouvoirs publics semblent aujourd'hui incapables de répondre.
Organisées sans autorisation administrative, ces raves se déroulent sur des terrains privés ou publics en complète violation du droit de propriété.Ainsi, le propriétaire du terrain sur lequel s'est déroulé la rave sauvage à Florac a perdu sa récolte et doit, en outre, le remettre en état.Alors que les organisateurs de spectacles autorisés doivent respecter des normes de sécurité de plus en plus contraignantes, ceux des «rave-party» ne sont soumis, par nature, à aucune réglementation.
Les «rave-party» posent, de plus, un véritable problème de santé publique.Les conditions sanitaires, de salubrité et d'hygiène ne sont pas assurées. Ces réunions attirent un nombre croissant de dealers qui proposent aux participants toute une panoplie de drogues : cannabis, cocaïne, ecstasy, LSD, etc.
Pleinement conscients de leur impunité, les dealers, lors de ces réunions, vendent aux jeunes qui sont, en outre, bien souvent enivrés par une consommation importante d'alcools, des cocktails de drogues de mauvaise qualité dont les conséquences sur la santé peuvent être dramatiques et irréversibles. Il est moins risqué de vendre de la drogue durant les «rave-party» que dans les quartiers étant donné que les forces de l'ordre ne peuvent pas pénétrer sur les terrains occupés par les raveurs et assurer le maintien de l'ordre public.
Bien souvent malgré eux, des jeunes venus faire la fête sont ainsi amenés durant ces «rave-party» à se droguer.
Par ailleurs, ces réunions posent un problème de sécurité routière. En effet, de nombreux accidents de voiture occasionnés par des participants, sous l'emprise d'alcools et de stupéfiants, ont été enregistrés.
Il ne faut pas, de plus, sous-estimer les conséquences pour le voisinage qui doit supporter bien souvent une nuisance sonore importante, des dégradations voire des vols.
Face à l'impuissance manifeste des pouvoirs publics pour garantir l'ordre, la sécurité et la santé publiques, il est indispensable que l'Assemblée nationale constitue une commission d'enquête sur les «rave-party».
Cette commission d'enquête devra, en priorité, examiner l'ensemble des problèmes juridiques et sociaux que posent le développement des party sauvages.Elle devra, en outre, proposer des solutions afin que la réglementation sur les drogues soit respectée, la sécurité des participants et la tranquillité des voisins assurées ainsi que le droit de propriété.
Telles sont les considérations qui m'ont amené à déposer la présente proposition de résolution et que je vous demande de bien vouloir adopter.
PROPOSITION DE RÉSOLUTION
Article 1er
En application des articles 140 et suivants du Règlement de l'Assemblée nationale, il est créé une commission d'enquête de trente membres sur les conditions d'organisation et les conséquences en termes de santé et de sécurité publiques des «rave-party» non autorisées sur le territoire français. Cette commission étudiera en particulier la responsabilité de l'Etat et proposera des solutions pour garantir la sécurité et la santé publiques des participants.
N°3257-Proposition de résolution de M.Blanc tendant à la création d'une commission d'enquête sur les «rave-party».(commission des lois)
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© Assemblée nationale
5 – INTERVIEW D'UN RAVEUR
Un raveur anonyme a accepté de répondre à nos questions.
Que se passe-t-il dans une rave ?
On danse sur de la techno ou du hardcore. On délire grave. On fume. On boit. On se drogue.
Quels genres de drogues ?
Ecstasy principalement, ses elles font perdre le contrôle de soi, énormément de raveurs en prenne, il y a de nombreuses overdoses, plus ou moins graves. Il y a aussi ce qu'on appelle la « pilule de l'amour » qui a pour effet d'abrutir les femmes qui ne se souviennent de rien par la suite. En conséquence, plusieurs personnes ont été violées.
Que pensez-vous des nouvelles raves légales ?
C'est nul, l'entrée est très chère (environ 30 ¤), les flics sont partout, on ne peut pas délirer comme dans les raves sauvages.

